boulange livre

Pain au levain fait maison

Pain au levain 100% maison


C’est avec le livre les secrets de la boulange bio de Marie Chioca aux éditions Terre Vivante que je me suis lancée dans la fabrication du pain maison. C’est devenu une passion et un plaisir renouvelé à chaque fournée. Mes premiers essais ont été avec des pains sans pétrissage comme le pain cocotte de campagne, et un jour j’ai décidé de m’attaquer au graal de la boulange : le pain au levain naturel.

Faire son levain n’est pas compliqué en soi, il faut juste être régulier et attentif : un levain se bichonne, se travaille au jour le jour pour lui forger son petit caractère bien à lui. Certes, cela prend quelques minutes chaque jour mais le résultat est très gratifiant : le pain que vous obtiendrez aura ce goût du « vrai » pain, le même que vous alliez peut-être chercher enfant chez le boulanger.

Lors de mes premières fournées, j’ai suivi à la lettre les recettes proposées dans l’ouvrage pour ensuite commencer à prendre quelques libertés. J’aime quand le pain présente de grosses alvéoles et une croûte assez épaisse. J’ai appris qu’une pâte bien hydratée permettait justement d’obtenir de belles bulles alors j’ai commencé à ajouter petit à petit de l’eau pour arriver à la texture que j’aimais bien : j’ai procédé en montant de 30 à 40 g d’eau à chaque fournée. Pour la croûte, la cuisson à la cocotte est celle que j’affectionne : elle permet de conserver une humidité constante qui donne cette croûte bien dorée et un peu épaisse.

Concernant la farine, je mélange plusieurs blutages. Voici mon mélange préféré : 1/3 de farine de blé T65 + 1/3 de farine de blé T110 + 1/3 de farine d’épeautre T110. On obtient un pain avec beaucoup de saveur et d’une couleur bise. Mais venons-en à la fabrication du levain…

Il faut à peu près 10 jours pour pouvoir obtenir votre levain « chef », la souche qui en se multipliant au fur à mesure de ses repas (farine et eau) vous permettra de réaliser vos pains :

  • Jour 1, le démarrage : mélanger une petite tasse de farine (blé semi-complète ou complète, grand épeautre T130  ou seigle bio) avec le même volume d’eau pure légèrement tiédie (eau de source en bouteille, filtrée ou du robinet, mais dans ce cas aérée 2 heures environ avant usage dans un saladier pour que le chlore s’échappe). Verser le tout dans un petit bol en fouettant bien afin d’incorporer un maximum d’air : c’est la symbiose entre les bactéries de la farine, de l’eau et de l’air qui va initier la fermentation. Couvrir d’une petite assiette et observer l’évolution toutes les 12 heures. Les bulles qui sont apparues au moment où la préparation a été fouettée vont rapidement disparaître, pendant quelques heures voire 1 à 2 jours c’est le calme plat…
  • Jour 2, le premier repas : dès que des petites bulles apparaissent, il est temps de donner le premier repas à votre bébé levain. Conserver une tasse du levain (jeter le reste) puis ajouter une tasse d’eau tiède avec une tasse de farine. Fouetter et couvrir puis laisser reposer. 
  • Jour 3 (ou 4), le premier rafraîchi : dès que le levain refait de belles bulles, recommencer la même opération qu’en jour 2. Conserver une tasse de levain et ajouter une tasse d’eau (fraîche ou à température ambiante) et une tasse de farine. Fouetter et laisser reposer. A ce stade, le levain doit avoir une bonne odeur : elle doit vous faire penser à de la prune fermentée ou du cidre. Si ce n’est pas le cas (odeur de moisi, de fromage ou de pâtes laissées toute la journée dehors en plein soleil), il faut tout dégager et recommencer. 
  • Jour 4 à 6 (ou 5 à 7) : il suffit tout simplement de nourrir son levain une fois par jour, plus ou moins au même moment de la journée, en conservant une tasse de levain et en ajoutant une tasse de farine et une tasse d’eau. Au fur et à mesure les bulles vont se faire plus conséquentes : le volume va doubler et peut-être tripler ! Il est temps d’installer votre levain dans son bocal définitif (idéalement un pot en verre avec un bouchon en liège). 
  • Rythme de croisière : au moment du repas de votre levain, conservez-en 100 g auquel vous ajouterez 50 g d’eau et 50 g de farine. Il faut maintenant peser le levain à chaque fois pour lui donner sa texture définitive de levain 100%. Pour le nourrir : il doit être constitué du même poids de farine et d’eau. Par exemple : si le levain pèse 200 g, il faut lui donner 100 g d’eau et 100 de farine. 

Les petits plus :

  • Si votre levain commençait à avoir un petit coup de mou, vous pouvez le nourrir de temps en temps avec de la farine de seigle bio. Elle va le rendre euphorique ! Vous pouvez aussi bien le fouetter à l’aide d’un robot (l’air va lui redonner de la vigueur).  
  • Si vous partez en vacances, mettez votre levain au frigo, il ne vous en voudra pas du tout ! Il « hibernera » jusqu’à votre retour. Avant de l’utiliser, pensez bien à le nourrir deux fois avant de faire du pain car celui-ci risquerait d’être trop acide. 

Ma méthode pour réaliser ce pain :

  • je nourris mon levain dans la matinée. Il est à point pour être utilisé dans l’après-midi.
  • Je pétris entre 17h00 et 18h00. 
  • Je façonne vers 22h30 et je laisse reposer la pâte toute la nuit dans le réfrigérateur.
  • Le lendemain au réveil (vers 7h00), je sors la pâte du réfrigérateur et laisse se réchauffer un peu avant de la déposer dans la cocotte pour la cuisson. 
Pain au levain

Pain au levain 100% naturel

Pain traditionnel cuisson en cocotte
Imprimer la recette Epingler
Portions :1 gros pain
Type de plat : boulange
Cuisine : Française
Temps de préparation 20 minutes
Temps de cuisson 1 heure 20 minutes
Temps de repos 14 heures
Temps total 15 heures 40 minutes

Ingrédients

  • 600 g de farine
  • 200 g de levain naturel
  • 420 g d’eau
  • 11 g de sel fin

Instructions

Préparation

  • Nourrir le levain, laisser reposer jusqu’à ce que les bulles se forment.
  • Lorsque les bulles commencent à crever à la surface, le levain va commencer à redescendre : il est temps de l’utiliser.
  • Dans le bol d’un robot équipé de la feuille, mélanger tous les ingrédients et pétrir lentement pendant 3 à 4 minutes puis vivement.
  • Au moment où la pâte se décolle des bords, je poursuis le pétrissage pendant 4 minutes environ.
  • Laisser la pâte reposer dans le bol du robot recouvert d’un torchon propre pendant 4 à 5 heures environ.
  • Verser la pâte sur un plan de travail bien fariné et former une boule en prenant soin de ne pas trop appuyer sur la pâte pour ne pas faire partir l’air : l’idée est replier les bords et de former petit à petit un ovale puis un rond pour avoir une boule.
  • Prendre un banneton ou une grande passoire et la couvrir d’un torchon en lin bien fariné : déposer délicatement la boule de pain et la recouvrir avec les bords du torchon.
  • Laisser reposer toute la nuit au réfrigérateur.
  • Le lendemain sortir le banneton du réfrigérateur, laisser à température ambiante pendant 30 minutes.
  • Poser la pâte dans une cocotte en fonte couverte d’un papier cuisson (indispensable pour le démoulaget poser le pain dedans.
  • Effectuer quelques grignes à l’aide d’un couteau puis poser le couvercle sur la cocotte (prévoir une taille de cocotte 3 fois supérieure à la taille du pain car celui-ci va beaucoup gonfler à la cuisson).

Cuisson

  • Enfourner la cocotte dans un four froid et l’allumer à 240°C (230°C minimum).
  • Programmer la cuisson pour 1h20.
  • Démouler le pain sur une grille et laisser refroidir avant dégustation.
  • Ce pain se conserve plusieurs jours dans un torchon.

11 Commentaires

  • Comme d'habitude, tes photos sont splendides et ce pain bien alveole est un bijou (rustique). J'ai abandonne l'aventure du levain, faute de temps pour utiliser ce levain qui croissait et multipliait toutes les semaines. Mais je me souviens bien du plaisir qu'il y a a travailler la matiere vivante.

    • Merci beaucoup Gracianne 🙂 ! Dans la boulange il y a ce côté un peu magique qui me ravit à chaque fois. Travaillant à la maison, c'est beaucoup plus simple de s'organiser et bichonner ce levain. Dommage que tu sois si loin, j'aurais pu te livrer un gros pain à partager en famille ou dans le train. Je t'embrasse !

  • 5 stars
    Je ne me suis encore jamais lancée mais ça me tente de plus en plus. Je garde ton article sous le coude pour le jour où !
    J’en profite pour te féliciter pour le nouvel habillage de ton blog, j’aime beaucoup !! Il met bien en valeur tes superbes photos !

    • C’est un petit long en terme de mise en place mais le résultat est vraiment gratifiant à chaque fois. Merci infiniment pour ton compliment sur ce nouvel habillage de blog 🙂

  • Bonjour je viens de faire ta recette pour la première fois j’ai pétris à la main n’ayant pas de robot. La pâte à bien monté mais j’ai un doute est il normal que la pâte se liquéfie au fur et à mesure qu’elle repose ? J’ai suivi ta recette pas à pas.
    Merci

    • Bonjour Monique, il est tout à fait normal que la pâte soit assez liquide. En fait, le pétrissage au robot permet de « corser » un peu la pâte. A la main, je pense qu’il faut pétrir très vigoureusement et plus longtemps qu’au robot. Je reste à disposition !

  • Tout d’abord, je me permets de te dire que ton blog est très charmant et qu’on y trouve de très jolies recettes bien illustrées!
    Je me suis lancé dans l’aventure du levain, je m’en occupe tous les jours, il a super bien bullé. Bref, mon levain prêt à être utilisé.
    J’en suis à ma deuxième recette de pain au levain. La première fois ça n’a pas fonctionné, le pain n’était pas du tout aérien à l’intérieur…
    Je viens de me lancer dans ta recette en respectant exactement tes dosages. Le pain a beau pétrir, la pâte est trop liquide, comme à mon premier essai. Je ne comprends pas 🙁 J’essaye de compenser la consistance avec de la farine du coup mais j’ai peur que le pain soit comme mon premier…! As tu des conseils?

    Je te remercie!
    Nicolas

    • Bonjour Nicolas,
      Merci pour ton compliment ! Bienvenue dans mon univers.
      Cette pâte au levain est assez liquide, c’est normal. Le pétrissage au robot permet de « corser » la pâte (il faut vraiment y aller à la vitesse maxi pendant 4 minutes, et utilise plutôt la feuille que le crochet pétrisseur : la feuille va prendre la pâte jusqu’en bas.) Lorsque tu vas la déposer sur ton plan de travail, elle reste très souple et va avoir une grosse tendance à s’étaler. Pour sortir la pâte de mon bol pétrisseur, j’utilise une corne et je farine généreusement mon plan de travail. Dès que la pâte est sur le plan de travail, je passe mes mains dans la farine et je « tends » la pâte en ramenant les bords par en-dessous : tu devrais avoir une forme de boule souple et non collante que tu va pouvoir attraper et déposer dans ton banneton. Je vais essayer de faire des photos pas-à-pas, ce sera certainement plus parlant.
      Le pain c’est aussi beaucoup une question d’oeil et de ressenti : selon l’endroit où l’on est on n’a pas toujours le même résultat. Le pain nous demande toujours de nous adapter. A très vite et je reste à disposition !

      • Bonjour Sophie!
        Merci pour ta réponse réactive. Un plaisir de lire tes mots!
        En effet, j’essaierai la prochaine fois de faire comme tu l’indiques.
        J’ai ajouté environ 50g de farine pour qu’elle soit plus malléable. J’essaierai ta technique. En effet, j’utilisais le crochet… Peut être pour ça 🙂
        Très bonne idée l’idée des photos, j’attends ça avec impatience! Merci beaucoup encore pour ta réponse et je vais appliquer tes conseils!
        Nicolas

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